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MAR 12 FEv

Nous avons le plaisir d’accueillir dans le prochain CAFE MTD, Christian Depraetere, chercheur à l’UMR ESPACE-DEV
De 11h00 à 12h00, en salle Saltus.

Titre de l’intervention : Combien d’îles ?

Résumé : 

Le décompte des îles n'est pas œuvre nouvelle puisqu'elle fut initiée en 1940 par un chercheur Tchèque écrivant en Français, Jaromir Korčák. Benoit Mandelbrot devait reprendre sa méthode Nombre-superficie (Number-Area rule) pour évaluer la dimension fractale de surfaces simulées ou réelles devenant ainsi la loi Korcak-Mandelbrot.
Pour l'histoire des sciences, il est intéressant de noter que le père des fractales s'est trompé en utilisant la méthode de Korcak car l'exposant Korcak-Mandelbrot (Korcak-Mandelbrot exponent) ne peut être une mesure de la fractalité. En revanche, la méthode de Korcak stricto sensu s'avère pertinente pour évaluer les densités de probabilité de nombreux phénomènes naturels présentant une distribution de type heavy-tail voire infinite-tail comme la taille des astéroïdes, plus près de nous les lacs, les zones de haute montagne, les guyots sous-marins et … les "îles" (en fait fragments émergés (FE)).

Alors "Combien d'îles" ou plus exactement combien de fragments émergés (FE)? En théorie, il y en a une infinité, aucun "spécialiste des îles" n'étant en mesure d'indiquer la surface minimale en-deçà de laquelle "l'effet île" perd son sens. Pourquoi infini? Parce que la fonction de distribution des fréquences (F) de FE en fonction de la superficie (S) est de type puissance F=a.S-b sans que l'on puisse définir une limite objective quand S→ 0 comme l'indique les données "insulaires" mondiales (BIM/GID/GSHHG) ci-dessous:
          »  Pourquoi et pour quoi s'intéresser au nombre d'îles? Un des enjeux majeurs pour les états et territoires insulaires est celui de l'évaluation et de la protection de leurs biodiversités réelles ou supposées notamment sur les petites îles et îlots. Faute d'une coordination entre les différentes parties prenantes et d'une approche planifiée à l'échelle mondiale, les résultats restent peu encourageants.
Une base de données insulaires mondiale pourrait être un outil stratégique utile notamment pour les scientifiques impliqués dans des projets opérationnels à l'échelle régionale, voire locale, a fortiori mondiale.